Sommes-nous vraiment prêts à changer de système ?

Ceci n’est qu’une tentative pour nourrir une réflexion.

Supposons un premier cas : une Martinique indépendante, tout en restant dans un système capitaliste, mais sans Békés. Je vois déjà certains sourire en me lisant, se disant que cela serait un scénario idéal. Pourtant, dans ce contexte, une question s’impose : qui possède les entreprises ? « Les Martiniquais, Évidemment ! » me répondra-t-on. Soit.
Mais, dans le jeu capitaliste, l’objectif n’est-il pas de s’accaparer le plus de richesses possible ? Imaginons qu’il y ait quatre ou cinq familles martiniquaises qui fassent tourner l’économie du  pays. Ne mettront-elles pas leurs intérêts avant celui du peuple ?
Là, vous me direz : « mais non, ça sera différent, au moins se seront  des Martiniquais et on aura des lois pour nous protéger ». En est-on vraiment sûr ?

Prenons maintenant un nouveau cas. Pas de capitalisme. Pensons à un autre système qui privilégie l’autonomie sans recherche de profit. On mange local, on travaille la terre, tout est en circuit court et on vit en harmonie avec la nature.
Ma question est : Est-on prêt à ce sacrifice ? Car un tel système implique une perte de confort telle que nous l’entendons aujourd’hui. Il y aura forcément des contraintes. Le dernier iPhone ne sera pas la priorité, et le projet “la villa pour la mama” ou les quatres Ferrari dans le garage peuvent être oubliés. Il n’y aura pas d’argent pour ça et cela entrerait inévitablement en contradiction avec les nouvelles idéologies.

Bien sûr, voyez-vous,  j’ai pris deux cas extrêmes. Je sais pertinemment qu’on pourrait faire un mix des deux. Ou réfléchir à d’autres systèmes alternatifs liés à la technologie ou à l’écologie. Ce qu’il est important de retenir, c’est que tout changement radical implique un changement de  mentalité. Peut-être que cette soif d’accumulation de capitaux est au fond, aujourd’hui encore, ce qui nous empêche d’avancer.
Au-delà même du système qu’on pourrait créer, il y a peut-être en amont un travail à faire sur nous-mêmes, sur notre relation aux autres et sur nos objectifs dans cette vie.  Pour “vivre bien” a-t-on vraiment besoin de quatre Ferrari, de trois appartements en location et de deux bateaux ?

Mon propos n’est pas non plus de couper tout élan entrepreneurial, mais de remettre en question ce mode de pensée capitaliste qui, dans un contexte de changement statutaire, risque de reproduire les mêmes logiques de concentration du pouvoir et des richesses.

Certains se demanderont aussi : pourquoi changer quoi que ce soit ? Les Antillo-Guyanais ou les Réunionnais ne sont pas les plus à plaindre sur cette planète. Mais quand on voit  la vie chère, la violence, le mal-être; que l’on entend que les taux de pauvreté dans ces territoires sont parmi les plus élevés de la République, on décèle assez rapidement que les territoires ultramarins ne vont pas si bien que ça. 

Certains diront que c’est le jeu capitaliste, qu’il y a des gagnants et des perdants, et qu’il faut s’y faire. Mais nous avons peut-être trop normalisé le fait que le bonheur d’une élite dépende du malheur du plus grand nombre.  D’autant plus qu’au final, dans ce jeu mondial, il est facile de voir que les perdants sont souvent les personnes racisées, éloignées de l’occident et marginalisées.

Je ne prétends pas apporter de solution ici.  Mon objectif est avant tout d’ouvrir une réflexion. En guise de conclusion, j’ai écrit un poème pour vous: 

Ces joyaux brillant de mille feux,

Attisant nos regard et nos convoitises,

Font de la quête de l’or un enjeu,

Où flamber le plus devient l’objectif.

Mais derrière cet éclat un secret,

Remettant en question lumière que nous suivons.

Cette brillance n’étant que le reflet,

De quelque chose de beaucoup plus profond.

Cette étincelle perceptible dans nos yeux,

Nous éclaire certainement le vrai chemin.

Puisque du bonheur nous faisons le voeu,

Peut-être qu’en nous

Se cachent de meilleurs demains.

Plus brillant que l’or

GIO

À bientôt pour de nouvelles réflexions